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Assemblée nationale : L’offensive du SDF

A la tête de son parti le Sdf, voici le député Joshua Osih tout feu, toute flamme avec des propositions de lois très structurantes pour la gouvernance et l'éthique au Cameroun. Sera-t-il entendu ?

Par Ouest Echos 3 min de lecture
Assemblée nationale : L’offensive du SDF
Déclaration des biens, violences faites aux femmes, protection des enfants, lutte contre le tribalisme, reconnaissance des crimes de la colonisation. Tels sont les sujets abordés par le Social Démocratic Front (Sdf) dans les cinq (5) propositions de lois déposées le 16 juin dernier à l’Assemblée nationale . Pour cet exercice, l’honorable Joshua Osih, chairman du Sdf, était accompagné de ses collègues parlementaires Pour bien marquer les esprits, le Sdf a abordés des sujets non seulement sensibles, mais dont certains relavent d’actualité et constituent d’ailleurs pour la cohésion sociale une urgence. Ainsi, deux de ces 5 propositions de lois portent sur des urgences sociales bien connues : la prévention et la répression des féminicides et des violences faites aux femmes, d'une part, la protection renforcée des enfants contre les violences sexuelles, les enlèvements, la traite et les crimes rituels, d'autre part. Un troisième texte recherche la cohésion nationale et introduit une « citoyenneté de résidence » qui devra garantir qu'aucun Camerounais ne soit traité en étranger dans son propre pays. Ce texte constitue une réponse aux clivages entre autochtones et allogènes. le quatrième texte porte sur l'application de l'article 66 de la Constitution et la déclaration des biens des responsables publics. Près de trente ans après son inscription dans la Constitution et deux mois après la publication du décret d’application, la déclaration des biens des responsables publics refait surface à l’Assemblée nationale. Le Sdf propose l’application effective de l’article 66, adopté en 1996, mais qui, jusque-là, n’était pas mis en œuvre. Le texte prévoit un dispositif de déclaration et de contrôle du patrimoine des responsables publics afin de lutter contre l’enrichissement illicite et renforcer la transparence dans la gestion des affaires de l’État. D’après le décret publié le 14 avril dernier par le chef de l’Etat, le Président de la République, le Vice-Président, le Premier Ministre, tous les membres du gouvernement, les présidents et membres des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, les députés, les sénateurs, tout détenteur d’un mandat électif, les Secrétaires Généraux des ministères, les directeurs généraux des entreprises publiques et parapubliques, les magistrats et les personnels des administrations chargées de l’assiette, du recouvrement et du maniement des recettes publiques, chacun de ces responsables devra effectuer une déclaration complète de ses biens et avoirs au début et à la fin de son mandat ou de sa fonction. Cette double obligation est précisément ce qui rend le mécanisme puissant, car elle permet de comparer le patrimoine d’entrée avec celui de sortie, et donc de détecter tout enrichissement inexpliqué durant l’exercice de la fonction La cinquième proposition de loi propose de reconnaître la traite négrière, l'esclavage et la colonisation comme crimes contre l'humanité, avec un volet sur les réparations et la restitution du patrimoine culturel. Ainsi, Joshua Osih et ses collègues parlementaires entendent inscrire le Cameroun dans les débats internationaux sur la mémoire historique. Une proposition de loi qui vise à reconnaître la traite négrière, l’esclavage et la colonisation comme des crimes contre l’humanité, tout en soutenant les revendications liées à la restitution du patrimoine culturel africain et aux réparations. L’opinion attend de connaitre la suite réservée à ces cinq propositions de loi. Toujours est-il qu’en déposant cinq textes lisibles, mobilisateurs et difficiles à attaquer frontalement, le SDF se redonne une voix, force la majorité à se positionner et adresse un signal à ses militants comme à ses concurrents au sein de l'opposition Gabriel YOUBI