A Bandjoun, certains semblent avoir sonné l’hallali. L’hallali, c’est bien entendu ce cri que des chasseurs poussent pour donner du courage à leurs chiens en indiquant que l’animal qu’ils traquent est à l’agonie. Comparaison de circonstance, si on considère que Mme le Maire de la commune de Pete Bandjoun est la cible, que ses adjoints qui sont entrés en rébellion ouverte sont des chiens de chasse, la logique commande de chercher plus loin les donneurs d’ordre qui poussent leurs chiens à l’assaut.
Tout le monde ou presque sait ce qu’il s’est passé lors du Conseil municipal du 29 juin 2026. Certains avaient rêvé qu’il serait le dernier de Mme Maptué Fotso Nicky Love Epouse Talla. Ceci devait commencer par la malice de contrôler l’ordre du jour en lui donnait une qualification de « session extraordinaire ». Par la suite, prendre prétexte des fautes de gestion imaginaires au sujet des boutiques communales de Tobe pour exiger sa destitution. La vigilance de la présidente du groupe communale du Rdpc et le soutien des conseillers municipaux ont éventré le complot.
Le coup a foiré et ses auteurs embusqués au sein du Conseil municipal de Pete-Bandjoun ont manqué de fair-play en signant au lendemain de cette session une « lettre ouverte aux conseillers municipaux de Pete-Bandjoun » dans laquelle, ils n’hésitent pas à insulter leurs collègues conseillers municipaux qui ne les ont pas suivis dans leur aventure putschiste. Preuve s’il en était que les dés sont véritablement lancés dans cette guerre où certains semblent s’y être engagés sans plan B.
CHIENS DE CHASSE Pour ceux qui suivent cette affaire, il ne leur a pas effectivement échappé que les supposés manquements dans la réalisation des boutiques communales de Tobe ne sont que des prétextes, l’objectif étant bel et bien la prise de contrôle de l’exécutif communal de Pete Bandjoun en débarquant Mme Maptué Fotso Epse Talla. En fait, un remake d’une ambition inassouvie depuis 2020, il y a 6 ans et que Monsieur le Préfet du Koung Khi s’est fait fort de rappeler lors de cette session du 29 juin lorsqu’il a invité les dissidents à « faire vraiment le deuil du patriarche Fotso Victor » car, selon lui, « ce conflit trouve son origine dans la bataille de succession » ouverte après le rappel à Dieu du Maire Dotso Victor. Monsieur Lanyuy Harry Ngwanyi, n’était pas encore en poste à Bandjoun, reste que l’administration étant continue, il a trouvé des archives et s’est bien renseigné sur cette affaire en rappelant ainsi sa genèse : « Trois candidats s’étaient déclarés pour continuer le mandat du Maire Fotso Victor. Après des tractions, un candidat s’est retiré et l’autre avait persisté, jusqu’à ce que Yaoundé vienne porter son choix sur Madame Maptué Fotso, qui était 1ère Adjointe en ce moment-là » a dit le préfet.
Complétant le récit de Monsieur le préfet, il est bon de rappeler que celui qui s’était retiré se nomme Emmanuel Chatué le Pdg de Canal 2 International, dont le geste a été bien salué par la hiérarchie du Rdpc, laquelle l’a investi comme sénateur de la République quelques temps après. Il siège aujourd’hui au Parlement en ayant délaissé le conseil municipal de Pete Bandjoun où David Kengne, l’autre duelliste qui ne s’était pas retiré, continue le combat. Un combat d’arrière-garde contre Mme le Maire Maptue Fotso Nicky Love Epse Talla. Un combat qui n’a pas lieu d’être, Monsieur Lanyuy Harry Ngwanyi ayant conseillé au chef de la dissidence David Kengne actuel 1er Adjoint au Maire de la commune de Pete-Bandjoun de « rester à sa place » parce que, a-t-il ajouté : « Il n’y a qu’un pilote dans un avion. Le Maire de la commune de Pète Bandjoun s’appelle Madame Maptué Fotso Épouse Talla et que la confusion cesse »
REMAKE DE 2020 A travers la « lettre ouverte aux conseillers municipaux de Pete-Bandjoun » ci-dessus évoquée et signée de David Kengne et ses associés le 3 juillet 2026, la dissidence a plutôt rajouté une couche. Ils ne s’attaquent plus seulement à Madame le Maire, mais froissent les Conseillers Municipaux à qui ils donnent des leçons et font un pied du nez au préfet qui croyait avoir sifflé la fin de la recréation. Disons-le d’emblée, une telle attitude est plutôt suicidaire pour ses auteurs. Sauf si ceux-ci ont reçu des assurances d’une quelconque hiérarchie sur l’impunité à venir. Et c’est ici qu’il faut donner du crédit aux informations de plus en plus croisées qui confortent le landerneau politique de Bandjoun et du Koung Khi selon quoi, David Kengne et ses associés agissent par procuration de l’Hon Kouinche Albert (ancien président de section et depuis lors bombardé Chef de la délégation départementale du Rdpc dans le Koung Khi) et Justin Talom (Protégé de Kouinche Albert, ce dernier l’a proposé Président de section par intérim après sa promotion aux fonctions départementales). Tout ce beau monde qui connait la loi et les usages au sein du parti présidentiel, avancent que le président de section est le patron politique de la localité. C’est à lui que reviendra théoriquement la constitution des listes lors de la prochaine élection municipale. Etant aux affaires, ils ont effectivement assuré Kengne David et ses associés d’une impunité totale à leur bravade.
De là à dire que Kengne David et ses associés au sein du Conseil municipal sont en réalité de simples chiens de chasse pour Kouinche Albert et Justin Talom, il n’y a qu’un pas que les observateurs de la scène politique dans le Koung Khi n’hésitent pas à franchir.

