Ouest Echos : Monsieur le maire, quelles appréciations faites-vous des sujets inscrits à l'ordre du jour de la 7ème assemblée générale de l'Association des maires de ville du Cameroun ? Emmanuel Guy Sabikanda: Ce sont des sujets sur lesquels nous nous penchons depuis belle lurette. Une des principales recommandations, c'est de pouvoir continuer à porter un plaidoyer pour ce qui est de l'administration locale, la réinsertion des maires dans les commissions consultatives. J'ai demandé à l'équipe qui sera chargée de la faire, de se rapprocher du texte du 27 mai 2017 qui est le décret du Premièr Ministre qui mettait les maires dans cette activité. Donc les assemblées générales telles que nous les tenons aujourd'hui, sont pour nous un moment de refaire, de revoir ce qui s'est passé, puis de nous projeter.
O.E: La décentralisation est encore au cœur de plusieurs points de divergences. Quel est votre avis face à cette polémique ? E.G.S : Écoutez, je suis Maire depuis 2007 et mon avis est que la volonté de la décentralisation n'est portée que par le président de la République. Les sectoriels et autres n'en veulent pas du tout. C'est pour cette raison que vous voyez tous ces micmacs. On va devant, on va dans la fiscalité locale qui a été violée, c’est ce qui est dans la loi de 2019. C'est vraiment impensable. Nous n'allons pas baisser les bras, parce que la décentralisation est le seul canon de développement, parce que chaque citoyen est citoyen d'un arrondissement. Depuis 2010 par exemple, nous demandons une réelle décentralisation avec une dotation forte aux collectivités territoriales décentralisées. Je sais que l'Etat ne peut pas mettre une certaine somme. Déjà à Kribi 2ème qui est devenue mairie de la ville, il faut que cela fonctionne bien avec au moins 200 milliards pour chaque région et nous n'en avons que dix, et ça fera 2000milliards sur 6000 milliards. C'est de l’argent liquide qu'on donne aux mairies, ce sont des projets que les collectivités s'asseyent pour faire une programmation et cela donnera tout son sens au budget programme. Mais, nous faisons déjà de notre mieux, parce que, lorsqu'on regarde ce que les maires ont fait aujourd'hui, c'est assez admirable et raisonnable.
O.E : Monsieur le maire de la ville de Kribi, une réaction par rapport à la ville de Bafoussam où vous y avez séjourné quelques jours ? E.G S : La ville de Bafoussam est toujours bien tenue et vous savez que nous sommes toujours très enchantés d'être dans la ville de Bafoussam. On voit des efforts remarquables au niveau de la propreté, le climat est porteur et nous pensons que c'est une bonne chose. Vous savez que la propreté est une chose qui caractérise une ville et si elle n'est pas propre, les populations ne seront pas en santé.
Propos recueillis par René MBONDJEU

