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Drame de Baloum : Le gouverneur a-t-il tendu une perche au chef Noussi Pokam ?

Recherché par les forces de l’ordre pour soupçons d’orchestration du lynchage de deux jeunes gens à Baloum dans l’arrondissement de Penka-Michel, le chef de ce groupement s’est finalement rendu après avoir fui sa chefferie. Depuis le 19 juin dernier, il fait l’objet d’une garde à vue administrative dont les termes de rédaction sont sujets à polémique.

Par Eclador Pekoua 3 min de lecture
Drame de Baloum : Le gouverneur a-t-il tendu une perche au chef Noussi Pokam ?
Il s’agit ici d’un fait de société dont l’accélération doit encore, une fois de plus, à la déferlante des réseaux sociaux. Ce sont des faits qui se sont déroulés depuis le 5 juin 2026. Ce jour-là, deux jeunes gens ont perdu la vie de la façon la plus atroce qui soit. Soupçonnés de vols de tôles dans une école catholique de Baloum, ils ont été pris à partie par des populations qui les ont conduits devant le chef du village, Sa Majesté Noussi Pokam Charly Constant. Quelques minutes après, l’un d’eux était assommé, tué et brûlé vif. Sa dépouille abandonnée sur place allait servir de régal aux chiens. Un acte de barbarie et de cruauté qui serait passé inaperçu s’il n’y avait cette force des réseaux sociaux dans l’espace médiatique contemporain. Une dizaine de jours plus tard, la vidéo de cette mise à mort allait fuiter. On y voit le jeune ligoté devant le chef supérieur en face de qui il clame son innocence et implorant qu’on appelle ses parents. Impassible et insensible à sa complainte, le chef supérieur lui demande plutôt de faire ses dernières prières ! L’inhumanité de cet acte reprise en boucle par les influenceurs oblige les pouvoirs publics à procéder aux premières interpellations. Une cruauté insoutenable. Principal suspect dans l’affaire, le chef Noussi Pokam qu’on voit dans la vidéo, disparait de son palais dans un premier temps avant de réapparaitre dans les bureaux de procureur de Dschang où il est conduit sous escorte jusqu’à Bafoussam. Il fait depuis lors l’objet d’une garde administrative aux côtés de certains de ses complices présumés. C’est la substance de l’Arrêté régional n° 073/AR/F/CAB/SS, ordonnant une garde à vue administrative contre les nommés Noussi Pokam Charly Constant, Noussi Wamba Loïc Dibril, Fonkoua Bryan, Numbe Alban Peguy, Foka Kengni Ravel, Tazifoue Tegang Arthur Louriche, Paguy Victor Martial, Djoni Djousop Jordan et Fotsi Alain Bruno. «LYNCHES ET BRULES VIFS PAR UNE FOULE SUREXCITEE» Cet arrêté régional signé de Monsieur Awa Fonka Augustine, Gouverneur de la Région de l’Ouest, Grand Officier de l’Ordre national de la valeur se libelle comme suit : «Article 1er : (1) Est ordonnée, à compter de la date de signature du présent arrêté, une garde à vue administrative pour une durée de quinze jours, éventuellement renouvelables, à l’encontre des nommés Noussi Pokam Charly Constant, Noussi Wamba Loïc Dibril, Fonkoua Bryan, Numbe Alban Peguy, Foka Kengni Ravel, Tazifoue Tegang Arthur Louriche, Paguy Victor Martial, Djoni Djousop Jordan et Fotsi Alain Bruno, auteurs, co-auteurs et complices de l’assassinat du nommé Sidamo Diffo Steve Achille, présumé voleur de tôles et son supposé acolyte le nommé Kamta Jean Bostel, lynchés et brûlés vifs par une foule surexcitée, le 05 juin 2026 au groupement Baloum dans l’arrondissement de Penka-Michel, Département de la Menoua, en compagnie d’autres complices en fuite. Les intéressés font l’objet d’une exploitation dans le cadre de l’enquête en cours à l’Etat-major de la Légion de Gendarmerie de l’Ouest, sous la supervision du Commandant de la Légion. (2) : Cette mesure de garde à vue sera exécutée à la Prison Centrale de Bafoussam ». Pour certains puristes de la rédaction, le texte du gouverneur a commencé à donner des pistes de défense au principal suspect lorsqu’il présente les victimes comme étant «lynchés et brûlés vifs par une foule surexcitée ». Personne en principe n’étant responsable des égarements de la foule. Cette inclinaison est du reste la ligne de défense que le chef supérieur Baloum avait adoptée à travers ses communicants lorsque l’affaire a commencé à prendre de l’ampleur. Une ligne de défense qui a tenu seulement deux jours avant qu’il ne fonde dans la nature. C’est une ligne de défense qui aurait effectivement tenu s’il n’y avait cette vidéo où on le voit tenir les propos ci-dessus évoqués. Quoi qu’il en soit, maintenant que l’affaire est entre les mains de la justice, on attend la suite ! Michel Eclador PEKOUA