Jeudi 09 juillet 2026 00:49 · Heure du Cameroun
Bafoussam, Cameroun · 18°C · Ciel dégagé

GROUPE DE PRESSE

Société

Lutte contre les violences et traumatismes faites aux femmes : Bafoussam préoccupée

Le thème choisi par le service civil pour la paix des femmes du monde porte sur : « Les femmes et la guérison des traumatismes dans un contexte de violence ». Cet atelier se tient du 07 au 09 Juillet à Bafoussam.

Par Ouest Echos 5 min de lecture
Lutte contre les violences et traumatismes faites aux femmes : Bafoussam préoccupée

Pendant trois jours, les coordonnateurs venus du Cameroun, République démocratique du Congo, Sierra Leone et Liberia, vont se pencher sur plusieurs modules à savoir : les femmes et crises au Cameroun, notamment des les régions du Nord-Ouest, sud-Ouest, Extrême-Nord et Est; un Plaidoyer sur l'autonomisation des femmes au Cameroun : Réalisations-défis; Leçons faites par Alain Abondo et Dr Elvis Mbeng; Approche et guérison des traumatismes et résilience des femmes au Cameroun, par Josiane Tchuissi; Une présentation de la Sierra Leone et le Liberia, par Adenike Cole et Décontee Eva Georges; les marchés d'information et échanges avec les partenaires, Médiation de Feedback, par Mme Odile Bulabula de la Rd Congo Est et Ouest; partage sur les résolutions 1325 du conseil de sécurité des Nations Unies, femmes, paix et sécurité : réflexion sur le partage d'expérience sur et la mise en réseau; la visite de transformation des fécules et grains dans une usine à Foumbot.

L'atelier qui se tiendra pendant trois jours se déroule au Cipcre à Bafoussam, un des partenaires du projet. En ouvrant les travaux, le Pasteur Dr Blaise Kenmogne a salué le choix porté sur Bafoussam qui est une ville carrefour. Il a par la suite souhaité que les travaux se déroulement dans la paix et que Dieu tout puissant puisse inspirer ces coordinateurs afin qu'ils puissent bâtir un projet durable dans la lutte contre les violences faites aux femmes, dans le vécu quotidien de leurs traumatismes, mais également dans leurs autonomisations. À son tour, la coordinatrice du projet service civil pour la paix et femmes dans le monde, Mme Florentine Nekdem Fandio a invité les uns et les autres à sortir de ce laboratoire, des propositions et suggestions qui permettront à la longue d'autonomiser les femmes afin qu'elles de prennent en charge.

Les participants ont eu droit à un état des lieux sur les différentes situations des régions du Nord-Ouest, Sud-ouest, Extrême Nord-Ouest et Est du Cameroun, Libéria et Sierra Leone, et de Rd Congo. Des résolutions faites ont été prises et seront mises en réseau. Bon à savoir, c'est depuis 2017 que cette organisation œuvre dans la promotion de la paix, surtout en faveur des femmes et de la guérison des traumatismes dont sont victimes les femmes. René MBONDJEU

TROIS QUESTIONS À MME FLORENTINE NEKDEM FANDIO, COORDINATRICE NATIONALE SCP/ BFDW CAMEROUN

OUEST ÉCHOS : Quels sont les objectifs visés par cet atelier de trois jours dans le chef-lieu de la région de l'Ouest ? MME FLORENTINE NEKDEM FANDIO : les coordonnateurs pour le service civil pour la paix pour les femmes et pour le monde sont réunis à Bafoussam cette année ensemble avec les coordinateurs venus de la Rdc Est et Ouest, Sierra Leone, Liberia et Cameroun. Chaque année, nous nous retrouvons depuis 2017 et nous travaillons sur une problématique qui est chère à notre travail de paix, puisque le service civil vise à prévenir les conflits et à promouvoir la paix. Cette année, alors que nous voulions travailler sur la souffrance des femmes, c'est à dire, comment mieux autonomiser les femmes pour renforcer la paix, nous nous sommes rendus compte que les femmes souffrent énormément pendant les temps de crise. Voilà pourquoi nous sommes réunis ici pour parler de comment et quelles sont les approches que nous pouvons utiliser déjà pour mieux intégrer les femmes à tous les niveaux de la société et surtout, comment œuvrer afin que, les défis que ces femmes rencontrent dans les différents litiges, nous trouvons des solutions à cela. Comment mieux guérir? Nous savons tous que les femmes sont les personnes les plus vulnérables et en temps de crise, elles subissent énormément d'abus, de torture, avec les enfants. Nous sommes donc ici pour partager les bonnes pratiques, par rapport à nos travaux en matière de paix durable.

O.E: Après avoir fait le premier tour de table, qu'est que l'on peut retenir ? F. N.F : Après un premier tour de table, nous avons planté le décor en présentant le contexte du Cameroun, notamment dans les grandes zones en crise le Nord-Ouest, Sud-Ouest, Extrême-Nord et Est, où nous recevons les réfugiés, ainsi que la région de l'Ouest qui accueille un nombre impressionnant des réfugiés. Nous constatons que les femmes sont les plus vulnérables. Elles subissent les crises en profondeur avec les enfants, elles vivent des traumatismes et il n'y a pas suffisamment de réponses. Parfois, elles sont appelées à vivre avec ce traumatisme. Le travail que nous faisons c'est déjà de les accompagner. Nous sommes limitées parce que nous sommes focalisées à chaque fois pour leur apporter une aide de manière ponctuelle. Nous ne regardons pas sur la durée, mais nous nous rendons compte qu'il est vraiment important de travailler sur ce traumatisme, sinon elles n'auront pas la capacité de pouvoir véritablement apporter leur contribution à la paix comme il faudrait. Donc, nous sommes là pour trouver des stratégies pour renforcer par rapport aux bonnes pratiques au Liberia, Sierra Leone pour les partager entre nous, renforcer ce travail avec les femmes vu leurs vulnérabilités, renforcer leurs autonomisations politique, économiques et culturelle, afin que la voix des femmes soient portées plus haut.

O.E. Nous avons l’impression que jusqu'ici des solutions idoines ne sont pas trouvées pour ces femmes vulnérables. Alors quelle sera votre approche ? F.N.F : C'est vrai parce que l'autonomisation de la femme n'est pas facile et le Directeur général du Cipcre a mentionné cela dans son discours. Car nous faisons cela tous les temps, mais rien ne change. Il est question pour chacun de nous de rentrer dans son pays, nous mettrons en réseau toutes les résolutions que nous prendrons ici et les autres organisations qui font le même travail. Donc, nous allons mettre les partenaires ensemble pour se partager les pratiques et ce que nous aurons appris les uns et les autres. Nous allons essayer de l'implémenter dans nos pays. Nous voulons aussi renforcer la synergie entre l'Etat, les organisations internationales, les autres Ong, tous les acteurs, les leaders traditionnels. Nous savons ce que les femmes des relais communautaires ont dit, mais pour aller au delà de la communauté, il faut aussi attacher à l'échelle nationale les structures avec les plaidoyers. Depuis 2012, nous avons ce plaidoyer. Donc, nous allons les renforcer à travers de nouvelles idées pendant ces travaux.

Propos recueillis par René MBONDJEU